Jour 1349

Jour 1349

Quelle journée chargée en émotion !

Déjà, hier j’ai vu Nico.

J’appréhendais beaucoup parce que je voulais lui partager tout ce que je ressens et je vis, mais je voulais tellement le préserver de toute douleur !

J’ai donc inconfortablement attendu qu’on ai fini de manger.

Puis je lui ai demandé s’il souhaitait toujours savoir si je vivais des choses de mon côté ou non ?

Je l’ai prévenu que ça risquait de faire mal…

Il a dû croire que j’allais aborder une histoire amoureuse parce qu’il a eu effectivement bobo et il m’a dit qu’il préférait ne pas savoir. Sentant le truc, je lui ai dit qu’on allait pas sur terrain là. Du coup c’était mieux pour lui, il s’est senti prêt.

Alors, je lui ai raconté. Tout. 

J’avais hâte d’en parler avec lui, lui qui m’aime pour qui je suis tout entière, qui sait tout de moi et qui m’aime quand même…

Partager tous mes sentiments avec lui m’a fait du bien.

On a questionné ensemble tout ce que je ressens. C’était tendre et doux.

En ce moment lors de nos interactions, il fait très attention à ne pas m’activer et lorsque je démarre, il me désamorce.

Ça me fait beaucoup de bien.

Je n’en suis pas encore à me sentir de nouveau en sécurité dans notre lien, car je ne sais pas à quel moment ça va flancher, mais… Ça fait du bien.

Je suis moins alerte et moins sur mes gardes.

Ce matin j’ai fait un coaching avec Lily que j’ai appelé à la rescousse. 

C’est fou comme elle est vraiment forte ! 

On est allés chercher à quel moment j’ai ancré cette croyance qui me bouffe depuis lundi.

J’ai abordé plusieurs axes: la croyance que je ne peux pas prétendre à être en couple, mon « complexe de la number one » pour toutes ces fois où j’étais la maîtresse, la femme de l’ombre qu’on cache. 

Je ne me rappelle plus du reste, c’était tellement dense, on n’a pas fini de tout démêler d’ailleurs, mais il est sorti quelque chose d’intéressant :

J’ai choisi de nourrir la croyance qui dit que l’on ne me choisit pas, que je ne suis jamais la femme officielle et que si je m’offre aux hommes, il ne m’aimeront pas, il me tournent le dos et s’en vont avec une autre.

Je fais de cette croyance une vérité générale, alors même que j’ai de nombreux contre-exemples !

Une des phrases les plus fortes du coaching : « choisir de penser, ça te protège de quoi ? »

On a tiré les ficelles jusqu’à discuter de la perte de liberté que je pouvais vivre en cas de relation trop affirmé. 

Peur de l’engagement ? À méditer ! 

On reviendra sur ça, et il faudrait que je puisse coucher sur papier tous les liens qu’on a fait ! 
Un truc génial qu’on va pouvoir adresser aussi : la personnalité sexualisée que j’ai développé à 11 ans était une stratégie de survie pour sortir du harcèlement. Elle a fonctionné, sur le but pour lequel elle a été créée. Maintenant, effectivement elle eu des effets secondaires dont je souffre et pour lesquels je me critique.

Je sors du coaching, j’ai très fortement envie de le voir mais je le vois demain ! Je me demande pourquoi !

Je me retiens de lui écrire en lui demandant quand finit son rendez-vous d’aujourd’hui. C’est fort ! Fort ! Pourquoi ?

Parce que je m’en empêche ? 

Allez, arrête, va bosser !

Je m’assois, il m’envoie un message à ce moment-là : « coucou, est-ce qu’on peut se voir aujourd’hui ? »

Incroyable ! Mais carrément !

Je finis les urgences et je file. 

On a trop de choses à se dire !

Moi je voudrais aller aborder tout le bullshit de mon storytelling et lui, me faire un retour de son rendez-vous.

Je rentre dans la voiture, il me parle de ce qu’il a ressenti et de la connexion profonde qu’il a avec lui-même en ce moment.

Les bouleversements qu’ont engendré la cérémonie sont fous !

Il me dit qu’il pense de nouveau à tout vendre, ça y est. Et qu’il va partir…

Où ? Quand ? Comment ? Il ne sait pas.

Mais il n’attendra pas que son chien parte finalement.

Il vivra un bout de l’aventure avec lui. 

C’est imminent….

Mon cœur se fend.

C’est merveilleux ! 

Depuis qu’on se connaît, on en parle subtilement.  Quel chemin parcouru…

Je n’aurais pas cru qu’il vienne il y a environ un mois chez moi, dans le mal ultime, et qu’il quitte son boulot et sa copine pour ensuite vivre des activations solaire et une cérémonie, et finir par voir qu’en restant là, il va s’éteindre et mourir.

C’est incroyable pour lui, pour sa vie, pour son chemin. Ça restera mon ami profond, mais il va partir…

J’ai mal à cette idée…

Il continue de me parler de ce qu’il ressent, puis il me dit : « alors, voilà… Je ne sais pas où tu en es toi dans ta vie… Mais… si tu as envie de venir… »

Quoi ?! 

Je n’en reviens pas ! 

Je suis abasourdie. 

Je le regarde en souriant : « tu me demandes de t’accompagner, de voyager avec toi ?!»

Il acquiesce avec un grand sourire.

Deux gosses !

Donc moi qui suis en anxiété de fou parce qu’en une semaine il m’a vu de mauvaise humeur, on a couché ensemble et il a connecté à mes émotions alors que j’ai peur de le perdre, et lui il me propose de partir découvrir d’autres contrées ensemble ?.

Alors celle-là ! 

Je ne l’ai pas vu venir ! 

Et en compte exemple, on est plutôt pas mal…

Je lui demande « pourquoi ? »

 « J’ai compris que si je ne vis pas d’expérience, je meurs. J’ai besoin de vibrer. Lors de mon rendez-vous, quand je lui ai dit que je voulais partir avec toi, il m’a demandé lui aussi pourquoi.

Est-ce que c’est pour la sécurité ou est-ce par envie ? eh bien en fait c’est pour les deux. Parce qu’ à deux c’est plus fort, on se soutient, mais aussi parce que tu es la personne qui me connaît le mieux et qui m’aime sous toutes mes formes. Tu m’as vu et m’accepte en colère, triste, joyeux, tout !

Et moi c’est pareil pour toi : je t’aime dans tous tes aspects. »

Il m’achève ! Ok, alors là faut qu’on parle de dimanche mon gars. (Déjà permets moi d’en douter mais on va en parler !) 

Puis surtout, moi j’étais bien dans notre lien, et là tout est sans dessus dessous. 

J’écris  et je me pose une question : enfin merde, dans quelle limite on va continuer à vivre des trucs de couple comme ça, jusqu’où ça va aller ? On pourrait même élever un enfant ensemble je suis sûre ! Être co-parents.

Mais là faut qu’on mette les choses à plat. Voyager ensemble, c’est un degré d’intimité très fort. Être le pilier de l’autre, à l’autre bout du monde, être fourré ensemble, dormir ensemble, etc.…

Moi je vais crever si on définit pas le cadre ! 

Et j’ai besoin de lui exprimer tout ce que j’ai compris et qui se joue en moi.

Donc je lui fais part de tout ce que j’écris ici : La peur de le perdre, le desamour de moi, la croyance bullshit que si on me goûte, je dégoûte, etc.…

« C’est pas parce que tu m’as perdu une fois que je vais partir et que tu vas me reperdre. Regarde, je suis là. C’est bien ce qu’il s’est passé dimanche, ça nous permet d’ajuster. Oui, on est peut-être allé un peu trop loin, c’est pas quelque chose que je veux forcément reproduire et c’est pas ça qui va faire que je vais tomber amoureux de toi, mais notre relation est tellement précieuse, c’est à vie ça, je ne lâcherai pas ça, et je suis là, regarde »

Je fonds dans ses bras, rassurée, et on continue notre balade sur la plage. 

Je lui dis que je ne me suis pas ouverte dimanche, je lui parle de ce que je ne voulais pas revivre. 

Je lui ai dit aussi ce que j’aurais à la limite préféré vivre. 

J’aurais préféré que si ça arrive, ce soit parce qu’on le voulait très fort !

Pas au premier rapprochement comme ça.

Mais que c’est bien, que ma blessure est ainsi percée maintenant et pas au fil de l’eau pendant de longs mois, à chaque situation qui serait allée un petit peu plus loin à chaque fois.

Je lui demande aussi une dernière chose, pour m’aider à guérir des histoires que je me raconte :

« qu’est-ce qui a fait que, alors que tu étais amoureux de moi, tu es tombé en désamour de moi ? »

(ah oui, et avant je lui ai dit que je m’en voulais, que j’avais l’impression d’avoir couché avec un homme qui ne m’aime pas pour tout ce que je suis, contrairement à ce qu’il me dit)

Pour le reste, pas vraiment de réponse, dur pour lui de mettre des mots alors que c’est plutôt un ressenti : « on est allé vite, on a fusionné en deux mois et je pense que je comblais des choses aussi quand on s’est rencontré. On n’a pas pris le temps de devenir amis et de voir les curseurs qui nous allaient, alors on est partis à fond et on a eu besoin de remettre un niveau. J’aime notre relation comme ça, ça correspond beaucoup plus à ce que je veux vivre avec toi. Je ne sais pas l’expliquer, c’est un ressenti, peut-être que tu n’avais juste pas cette place là en fait »

Justement… Je lui parle de ce que j’ai vu en coaching par rapport à la place. Je n’ai pas tout ce qu’il faut pour retranscrire tout son discours et le coaching, mais ça m’a fait du bien qu’on en parle clairement.

Je suis abasourdie par contre.

Ça fait beaucoup… 

Là, ce soir je suis en insomnie.

J’ai envie d’y aller, et en même temps ça m’active aussi d’autres craintes.

On va se disputer un jour ? 

Genre ne plus du tout se parler ? 

Et si on rencontre quelqu’un ? 

On se lâche alors ? 

Et franchement ?! Franchement ! 

À qui on va faire croire qu’il ne va plus rien se passer entre nous, quand bien même il me dit qu’il ne veut pas reproduire ça ?

Autant de proximité d’intimité, sérieux ?

Puis moi je veux voyager, découvrir de nouvelles cultures et expériences, mais je veux aussi en faire avec mon corps.

Je veux des caresses, de la lenteur, tout ce qu’on a fait l’autre soir.

Sans le sexe c’est ok, mais tout ça j’en veux.

Lydia l’a extrêmement bien dit « vous êtes les mêmes, vous avez un méga potentiel de vous faire kiffer de ouf ! »

Fais-moi partir en transe que je jouisse de la peau, oui ! 

Papouillons nous pendant cinq heures, allons goûter l’énergie d’un voyage cosmique en se regardant dans les yeux, en allant faire des cérémonies, en faisant des trucs de connexion émotionnelle et énergétique, tantrique.

Moi, c’est ça que je veux vivre.

Avec lui.

On peut ne pas se marier, ne pas finir ensemble, ne pas coucher, ne pas être amoureux. Mais faisons ça s’il te plaît !

Le temps que ça durera, mais vivons le truc à fond !

À quel moment on est amoureux alors ?

Moi qui veux vivre l’amour de façon différente, qui veut vivre sans cases…

Dans la société où l’on vit, on devrait s’interdire déjà tout ce qu’on a là : 

se parler presque tous les jours, se voir plusieurs fois par semaine, tout se raconter, se connaître si bien, respecter les besoins de l’autre, et être prévenant, prends soin, donner, recevoir.

S’aimer profondément.

Tout ça, des « amis » ne sont pas censés le partager ?

Des gens disent que ça, c’est réservé au couple.

À la personne qu’on aime.

Mais en vrai, c’est la définition que j’ai de ma relation avec Lydia ça aussi.

Je commence même à avoir envie qu’on se fasse jouir d’une façon énergétique et tantrique.

Est-ce que je me demande si je suis amoureuse d’elle ? Non.

Est-ce que j’ai peur de tomber amoureuse de lui ? Ou de l’être ? Oui.

Si j’avais réussi à atteindre ce stade relationnel avec un autre homme, je tomberai amoureuse aussi, c’est sûr.

Alors puisque nous ne finirons pas ensemble lui et moi, ne vaudrait il mieux pas que je me consacre à construire d’autres liens ?

Plutôt que de vivre ce que j’ai à vivre avec lui, jusqu’à ce qu’il trouve lui aussi sa number one ?

Et qu’il finisse bien sûr par reléguer notre relation au second plan, voir me demander de partir ?

Nicolas est là, il m’aime dans toute mon entièreté et m’attend pour voyager.

Et pourtant j’y suis fermée…

Ne vais-je pas perdre du temps à vivre une aventure qui se finira ? 

Question con ! 

C’est la définition même de la vie, et certainement ce qui m’amènera à la suite de ma vie.

J’ai envie de le faire. Envie d’y aller. 

Je le sens…

Ce serait incroyable comme épisode de vie. 

J’arrive pas à dormir, ça me remue !

Je n’ai pas envie de tout vendre comme lui.

J’aimerais mettre quelqu’un dans l’appartement avec Néo.

Je réfléchis à quelles seraient les conditions pour continuer à travailler en déplacement.

Mais je sens que ça vient ouvrir des portes qui me plaisent.

Et merde, et si c’était de la fuite ?

Et si c’était encore une dispersion ?

Ça fait un an que j’ai retrouvé une stabilité, et là je bouge tout ? Il faut que je garde mes repères.

Le travail, l’argent.

Trop peur de rentrer sans rien encore.

Y a plus Maman pour me récupérer depuis qu’elle est décédée…

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