Jour 710
Quelle frustration depuis hier de n’avoir pas fini d’écrire ! J’étais tellement connectée au moment, à la puissance de mes émotions, mes ressentis, mes souvenirs…mais j’ai dû m’arrêter.
J’ai rongé mon frein toute la journée pour ce moment-là et maintenant que j’y suis de nouveau, je suis complètement fermée. Et hermétique.
J’aimerais exprimer pourquoi mais il me faudrait finir de raconter mon weekend pour cela, pour suivre la logique de mes stades et avancements émotionnels. Une fois fait, il faudra que je partage mon rêve de cette nuit aussi.
Comment me reconnecter à la Marlène de ce moment-là en étant la Marlène d’aujourd’hui, avec les données actuelles ? Comme si je devais mettre le temps sur pause pour pouvoir venir documenter ce que j’ai vécu avant que la vie ne continue de défiler et de faire changer les choses !
Une partie de moi veut écrire tout ce que je ressens maintenant. L’autre veut suivre et contrôler la chronologie. J’ai même voulu cesser ce projet d’écrits. Tellement déconnectée que je me suis dit que ça n’en valait plus la peine…
Je lutte contre une tempête d’émotions changeantes et je ne sais quelle direction prendre…
Je vais manger…
Dimanche soir, m’est revenu mon tout premier vécu conditionnant mon schéma amoureux et multipartenaires. Faut que je pense à l’écrire aussi…
Ça y est, j’ai mangé. Mais surtout, j’ai pu assimiler tout ce que je ressentais ! C’est fou comme ça va vite… 15 minutes pour comprendre l’ampleur de ce qui me traverse, de ce qui se joue !
Installée, l’audio de notre première fois relancé, je vais pouvoir continuer mon récit !
Il y a une chose qui me fait beaucoup de bien chez lui, c’est cette façon d’être entier et sans pudeur du cœur, comme j’ai déjà sûrement dû le dire. Ainsi, il me dit volontiers à quel point il me trouve belle, qu’il aime me regarder, qu’il aime ma bouche, ma langue, mon cou…
Je fais le plein d’amour avec tout ce qu’il me communique !
Habillés, toujours en train de profiter l’un contre l’autre, vient un moment où il découvre mes seins. Sa réaction a été absolument exceptionnelle ! Il a soulevé mon t-shirt avec délicatesse, relevant ma poitrine qu’il a appréhendé comme un trésor inestimable ! Je n’ai jamais vu une telle réaction ! Les yeux écarquillés par l’incrédulité, il paraissait positivement choqué. Ébahi !
J’ai conscience que ma poitrine plaît, mais de là à le voir autant émerveillé, je suis comme une gamine, le fard aux joues ! J’avoue qu’être admirée d’une telle façon donne du baume au cœur ! Sa réaction n’en fut pas moins grande en ôtant mon tanga. «Mon Dieu, ma chérie ! Mais tu te rends compte ?! À quel point elle est belle ?! Mamma Mia !!!”
Je ne les citerai pas toutes, mais j’ai entendu un nombre d’éloges inimaginables !
Après avoir longuement pris le temps de la regarder en face, littéralement bouche bée (à tel point que j’ai pu avoir envie de me cacher) il s’est empressé de l’embrasser, me savourant délicatement ! Quel bonheur d’être dévoré ainsi, dégustée, de pouvoir se laisser aller à l’autre !
Je gémis, je respire, je me contorsionne.
Je couine même, sans me soucier de ce à quoi ça peut ressembler ! Entre deux coups de langue, il me dit « Chérie ! Je suis tombé amoureux ! » Je lui demande “de quoi ?”
Il me répond : «Je suis tombé amoureux de toi, de tout !»
Mon cœur se serre fort autant qu’il me paraît s’expandre. C’est possible ça ?!
Au milieu de cette parenthèse érotique, cette bulle d’amour, arrive un moment où il est au-dessus de moi et où nous nous regardons profondément. J’ai une pensée en boucle dans ma tête qui voudrait lui dire « j’ai l’impression que je t’aime déjà !»
J’y pense fort, plusieurs fois d’affilée. Je me retiens de lui dire, mais il faut croire qu’il la reçoit tout de même : il prend ma main, la pose sur son torse avec tendresse. Je comprends que c’est pour me faire sentir son cœur battre la chamade !
Il plonge plus profondément ses yeux en moi.
(Il me semble qu’il n’y a pas que ses yeux qui sont profonds en moi ! Mais je ne sais pas si nous en étions vraiment là…)
Son regard s’embue et ce moment est si fort, ces paroles du cœur si puissantes, que je sens les larmes me monter aussi aux yeux ! Nous n’avons pas besoin de parler et nous avons tous les deux envie de pleurer. Comment douter d’une telle réciprocité, d’une telle alchimie, d’une telle connexion, d’une telle évidence ?!
Le moment est trop intense, rempli d’amour et nous reprenons notre ébat de plus belle. On se dit plusieurs fois à quel point ce qu’on partage est incroyable. On rit, on gémit, les échanges sont si forts ! Puis, il y a un moment où je ressens quelque chose de différent…
Je lui lâche :
– «Tu avais raison, bon sang ! »
Il me regarde, se demandant à quoi je fais allusion.
– «Il y a bien deux personnes en toi !!! Même ta façon de m’embrasser est devenue différente là !»
– «Oui chérie, depuis tout à l’heure même !» me dit-il. J’acquiesce.
Serait-ce un bout du loup noir que je vois ?
– “Alors, cette personne, cette version, ne te plaît pas trop non ?» me demande-t-il avec une pointe d’inquiétude dans la voix.
– “Je ne sais pas, je ne le connais pas. Je dois le découvrir puisque jusqu’ici je découvrais l’autre….”
Je ne sais pas s’il n’a que deux parties…. Vivement que je fasse sa cartographie intérieure ! Moi j’en ai 7. Ça promet des partouzes avec tout ce monde !
Je lui propose de jouir contre moi une première fois pour continuer pour la suite.
Dans un climax de plaisir, il se répand chaleureusement sur mon ventre.
Je crains de lui faire mal en empoignant son sexe pour le caresser pendant qu’il jouit, car ses sourcils sont froncés. Je pourrais lire de la douleur, ou même des pleurs sur son visage. Je lui demande si je lui fais mal, mais non.
D’accord, il fait juste partie de ces hommes dont on pourrait croire que l’orgasme leur fait mal. Si ce n’est que ça alors, son besoin de vivre sans être jugé, ma crainte est bien disséminée !
Fini la douceur, on part sur un deuxième tour plus sportif… Je crois même qu’il grogne pendant qu’il s’enfonce en moi ! On s’extasie de ce qu’on vit «je ne pensais pas que ça pouvait exister un truc comme ça!» me dit-il.
Je me penche pendant une pause pour le goûter à mon tour, le prenant entièrement dans ma bouche. Je profite de ces soubresauts et gémissements pour me guider vers la façon de le gâter au mieux…
J’aime son sexe ! Il est beau ! J’aime sa taille, sa forme, sa texture, sa couleur… Il est exquis !
Notre première fois se termine sur des câlins, des rires et de la gratitude ! Ce moment à ses côtés était si beau, si intense et fort… J’ai l’impression de ne répéter que ces trois mots : beau, intense et fort. Mais comment mieux décrire ce que je ressens ?
J’ai eu l’impression de vivre ma première fois ! Pour de vrai !
Il faut savoir que ma première fois n’en était pas vraiment une : j’ai choisi un garçon qui me plaisait pour ouvrir le bal, histoire “d’être prête” pour celui que j’aimerais… Voilà mon raisonnement de gamine de 13 ans !
Résultat : mon premier était prémédité, chez des copines à une soirée où le type m’a pénétré trois fois pour s’arrêter et se coucher. Le lendemain matin, il est parti acheter des clopes sans jamais revenir et a laissé sa capote usagée derrière le canapé, en offrande à la mère de notre amie commune qui l’a découverte quelque temps plus tard…
Ma première fois “complète” ? (Avec un mec qui était là du début à la fin ! #sarcasme)
Soirée pyjama chez Morgan qui sortait à l’époque avec Julie.
On dort dans la même chambre, eux dans un lit, Benjamin et moi dans un autre.
J’ai dressé une barrière avec des draps épinglés par mes boucles d’oreilles et j’ai goûté les plaisirs charnels en le chevauchant, mon collier tintant contre mon corps et résonnant dans la chambre tout le long. Une private joke qui restera….
Mes émois d’après ?
Nathan entre dans ma vie et je vis ma première sodomie non consentie.
Violée sans même avoir couché plus de fois que le nombre de doigts d’une main, c’est un beau départ !
Alors, ce moment qu’on imagine tous, la première fois avec un garçon qui nous aime, nous respecte, nous admire, ou nous encense, avec qui on va y aller à notre rythme, découvrir ensemble et s’émerveiller à deux de trouver des trésors..
Ca, je ne me l’étais pas offert !
Et c’est la sensation que j’ai eu avec lui ce soir-là… je suis baignée d’amour !
On se couche. On vit notre deuxième journée ensemble, puis vient le soir. On refait l’amour et c’est encore très puissant. J’en passe les détails, j’aurais sûrement l’occasion de réitérer l’exercice de les retranscrire.
Mais pour l’heure, il est temps de rentrer dans le vif du sujet !
Dans la journée, nous avons parlé de notre rapport aux modes de relations ouvertes. Lui est plutôt libertin et moi je suis plutôt polyamoureuse. Ce n’est pas vraiment la même chose…
Nous avons deux dynamiques relationnelles différentes : je l’ai déjà dit, pour moi le cul pour le cul c’est passé. Si j’entre en relation avec une personne, si je partage de l’intime, c’est s’il y a des sentiments, de l’amour, une complicité etc…
Lui, il vient de découvrir depuis un an la possibilité de vivre sa “perversion” comme il l’appelle, “nourrir son loup noir” comme je dis, “transgresser les règles” d’après lui.
Le cul pour le cul, il en veut. Il aime ça.
Son côté romantique, tendre, bon, amoureux, son loup blanc… Il a été souvent nourri en couple et il ressort avec moi.
Or, les relations monogames ne lui ont offert que la possibilité de nourrir un seul loup à la fois. Ainsi, lui pourrait avoir envie et besoin de voir d’autres filles, même juste pour des baises simples, là où moi je serai dans le partage uniquement en cas de gros feeling !
Très rare pour l’heure.
Le bon côté c’est que nos envies et nos besoins correspondent (bien qu’étant différents) aux possibilités que l’autre nous donne. Je m’explique : il n’a jamais ouvert son couple. Il ne sait pas ce que ça pourrait lui faire de me voir ou de me savoir avec un autre homme. De mon côté, j’ai fait un travail sur cela depuis plus de 15 ans.
D’ailleurs, dimanche soir, quand je me suis demandé à quand remontait la première fois que j’ai compris que l’homme que j’aimais en aimerait souvent une autre, mon premier plus vieux souvenir est remonté. J’ai compris que je pouvais aimer plusieurs garçons quand j’avais 5 copains câlins en même temps, à l’âge de 20 ans.
Et depuis l’âge de 12 ans, je cumule le fait de tomber amoureuse de garçons qui sont indisponibles émotionnellement, car amoureux d’une autre.
La “Number one” dont j’ai toujours été dans l’ombre et dont j’en ai développé un syndrome relationnel si ça existe ! (J’ai compris il y a quelques mois l’origine de ce schéma amoureux que j’ai pu décortiquer dans les carnets précédents.)
Sauf qu’en réfléchissant bien, je remonte le fil jusqu’à arriver à mes 6 ans je crois !
Thomas est mon amoureux depuis la maternelle. Un jour, il me dit « ferme les yeux, tend la main, j’ai quelque chose pour toi !»
Je m’exécute mais je suis peu confiante : je viens de voir un dessin animé ce week-end où Starla est victime d’une mauvaise blague !
Alors que son petit ami lui tend la main, elle prend une châtaigne au moment où elle la serre. Un dispositif de farces et attrapes était caché dans sa paume.
Dans le dessin animé, ils éclatent de rire, mais moi je trouve ça un peu violent !
Alors, encore sous cette crainte, lorsque je sens un contact contre ma main suite au geste de Thomas, je prends peur, je hurle et je retire mon bras d’un coup sec !
Thomas est furieux, il court après une bague en argent avec des dauphins qui roule près de la bouche d’égout…
C’était mon cadeau et je l’ai laissé tomber.
“Puisque c’est ça, je vais la donner à mon autre amoureuse !»
Quoi ?!! Comment ça il a une autre amoureuse ?!!!
Je le supplie de me pardonner, je tente de lui expliquer ce que j’ai cru, pourquoi j’ai réagi comme ça… Il n’a rien voulu savoir, il est parti offrir mon cadeau à cette autre !
C’est donc là que tout a commencé ?! Je me rappelle de la douleur d’apprendre qu’il y avait une autre amoureuse. Je me rappelle être plantée là dans la cour, pleurant et négociant…
La vie est bien faite : ce souvenir me remonte sûrement aujourd’hui parce que Enzo a acheté au bazar un stylo piégé qui provoque des décharges pour faire la blague à ses collègues de travail…
Tout peut-il être parti de là ?! Je ne sais pas, mais en tout cas ça a commencé fort ! Mais moi aussi j’avais d’autres amoureux ! Naïm et Maxime !
Quand on est enfant, on a le droit d’avoir plusieurs amoureux et amoureuses. Ça ne choque personne que le petit romain apprécie la petite Julie pour la récré du matin et la petite Manon pour la garderie du soir ! Ça vaut dans l’autre sens aussi bien sûr…
Alors on en discute avec Enzo et il me dit qu’il aime tant m’embrasser, qu’il aime tant ma langue, mon cou etc, qu’il aurait du mal à me voir prendre ces plaisirs avec un autre garçon. J’ai tenté de déconstruire cela avec lui mais nous avons été interrompus par le bus.
Il ne conçoit pas de pouvoir ouvrir son côté sans ouvrir le mien mais il a juste conscience de ne pas encore avoir fait le chemin pour cela.
Ça tombe bien, je n’ai pas prévu que ça se passe devant lui. Quand bien même ça se passerait tout court. Et lui, et bien si ses demandes vont avec mes possibilités, finalement on peut se compléter !
Après cette douche du dimanche soir et un autre moment incroyable, je m’enjaille en lui parlant du weekend prochain. Peut-être qu’il pourrait venir samedi soir à la maison !
Une friction née d’un coup ! Je le sens hésitant…
«Je ne sais pas chérie, je vais avoir besoin de réfléchir cette semaine et de voir ce que je veux… une partie de moi est sentimentale… l’autre va avoir envie d’aller au club…»
Je le laisse parler et je comprends qu’il flippe. Certainement traversé par une peur de l’engagement… Certainement étouffé par l’idée d’implémenter des automatismes, une routine, de se dire que si on commence à se voir tous les samedis il ne va pas pouvoir aller en club, que sais-je ?!
On en a parlé, il peut bien voir d’autres filles alors où est le problème ? Peur de me blesser? Il ne sait pas qui il est et ce qu’il veut ? OK soit…
Mais en fait, me la jouer remise en question de la relation qu’on a et pour laquelle tu as grandement participé à lui donner son rythme et sa couleur…
Qualifie-la comme une relation de couple naissante ou non (on s’en fout ce ne sont que des étiquettes, ça ne change pas ce qu’on partage.)
Tu ne peux pas, quand tu m’as envoyé des “mon amour” des “je suis tombé amoureux de ton âme” le premier jour, une semaine après toute la panoplie du gentleman romantique, des parties intimes mindblowing à souhait, des «je n’ai jamais vécu ça, tu es la première / la seule” etc…
Et vas-y que je te fais des fuckings pâtes maison à la truffe en te disant que c’est la première fois que j’ai envie de cuisiner pour une femme depuis mon ex !
Pour ensuite m’envoyer du «faut que je réfléchisse si on se voit la semaine pro, je ne suis pas sûr de vouloir me mettre en couple» !
Putain merde quoi les gars ! Faites gaffe un peu ! Lydia avait raison alors :
“Ce n’est pas un peu un cœur d’artichaut ?!”
Fort probable ! Mais on a vite fait de croire quand on nous dit qu’on est si spéciale !
Et la vérité : c’est seulement contre moi que je peux être en colère !
Je sais comment j’aime gérer mes relations et leur rythme : ne pas s’écrire tous les jours, ni instaurer le texto de bonjour ou de bonne nuit.
Ne pas hésiter à souffler quelques jours sans se donner de nouvelles, ne pas se voir de façon récurrente, ne pas créer d’habitudes ou de routines… Voici comment je gérais mes relations pour éviter ça.
C’est à moi que je peux en vouloir, parce que dès qu’un garçon s’ouvre, je m’imagine qu’il sait ce qu’il fait et qu’il est en pleine possession de ses moyens.
S’il ouvre une porte, c’est qu’il peut assumer derrière et pourtant, je finis toujours par me la prendre dans le nez !!
Je hais la stratégie relationnelle mais il n’y a pas à chier : CQFD. Me montrer disponible, emballer, volontaire et hop ! Il fuit ! Ai-je oublié que je m’adressais à un jeune libertin ? Non.
Mais par contre j’ai cru qu’il savait gérer ses envies et entendre mes positions.
Il a peur de me blesser… Je déconstruis donc avec lui tout le carcan de l’ancien monogame ancré en lui : les monogames pensent qu’il faut fusionner, tout faire ensemble et y incluent surtout leur sexualité.
Mais si on est en couple monogame, qu’avant de me rencontrer tu aimes aller regarder un match de foot le jeudi soir, nous avons quoi comme solution en se mettant ensemble ?
* Tu peux m’inviter à partager cette activité avec toi pour voir si elle me plaît. Si oui bingo, tu peux m’y intégrer. Je peux aussi ne pas être toujours là.
* Si je n’aime pas, je peux choisir de me forcer à le faire par amour puis te le mettre dans les dents à la moindre dispute.
* Si ça me dérange, je peux aussi te forcer à cesser de le faire pour rester à mes côtés, puis tu me le mettra toi dans les dents à la moindre dispute aussi.
* Ou : que j’aime ou non, je peux aussi te laisser tranquille, y aller, profiter et me faire une soirée pyjama avec mes copines, ou peu importe ce dont j’ai envie !
Et bien devinez ce que les moronogames choisissent et se refusent à s’autoriser quand on remplace le foot par le sexe ?!
Pourtant, en dehors du fait qu’on se soit interdit dans notre société de le partager avec quelqu’un d’autre que son compagnon, n’est-ce pas une activité comme une autre ? S’il avait envie d’aller à un concert, ou au ski ou faire du kart, je n’en sais rien moi !
Alors oui, toute activité qui impliquerait de potentiels rivaux serait tout de suite à proscrire !
On n’accepterait pas de rencontrer un mec qui va tous les week-end en boîte.
Une fois qu’il se case, la plupart des personnes trouverait normal qu’il cesse cela.
Pourquoi ? Parce que ça a un rapport avec le fait d’aller pécho ? Ah bon ? Et si c’était des cours de danse le mercredi ? Des cours de théâtre, un nouveau boulot, aller faire les courses, s’arrêter au feu rouge…
S’il doit rencontrer quelqu’un cela peut tomber n’importe quand, n’importe comment.
Réduire de façon intrinsèque les opportunités que ça arrive ne garantit pas que ça n’arrive pas si on doit le vivre !
Quand on regarde bien, c’est rare des couples qui se font confiance sur ce type de sorties et c’est admis qu’on demande à l’autre de cesser d’y aller sans nous.
Souvent, j’imagine une société dans laquelle on aurait décidé que nous n’aurions le droit de rire qu’avec notre amoureux.
Parce que rire ça chatouille le coeur, ça fait des choses dans notre corps, ça nous rapproche parfois, ça peut être intime. Pour faire rire il faut connaître un peu l’autre.
J’imagine un scénario de film où des personnes seraient choquées d’apprendre que leur partenaire rit avec une amie, la boulangère ou une collègue de boulot. Il se disputeraient et se quitteraient parce que “Tu n’as pas le droit de partager quelque chose d’aussi intime avec quelqu’un d’autre que moi !”
C’est absurde ?! Et si on remplace le fait de rire par le fait de jouir ?!
Mon homme va t’il me quitter parce qu’il a ri samedi soir avec la serveuse ?
Mon homme va t’il me quitter parce qu’il a joui samedi soir avec la serveuse ?
On retombe là sur la peur de disparaître ou devenir insignifiant s’il s’amuse ou prend plaisir avec une autre personne.
Bref, ce propos posé, j’apprends qu’il s’inquiète aussi parce qu’il veut commencer une mission de chef privé.
Le stress de son salaire fixe qui s’envole en changeant de poste, auquel vient s’ajouter des peurs d’anticipation.
«Une mission est proposée à Dubaï, comment je fais si je m’attache à toi et que je dois partir ?» et si ceci, et si cela…
Comme ce matin, où il appréhendait de me voir partir ce soir avant que je lui inculte le principe du ”demain qui te pose souci n’existe que dans ta tête”. Cette réalité n’existe pas. (Merci Eckhart Tolle)
Effectivement, je suis restée dormir dimanche soir. Il n’a pas eu à vivre ce qui l’inquiétait.
Je viens à bout de ses craintes, mais alors qu’il s’en va sous la douche, je me rends compte que je suis gagnée par mon mécanisme de protection. Marie Berthe* est dans la place : “Pas la peine de continuer à laisser brûler ce feu en toi ma chérie, ce mec va te péter entre les doigts !” (Marie-Berthe, mon analyste qui tire le rideau de fer des émotions au besoin)
De toute façon ce n’est pas pour rien que tu ne voulais plus de garçons qui te chamboulent physiquement. Ce n’est pas pour rien que tu n’embrasses plus au premier rendez-vous et que tu veux te laisser du temps pour découvrir la personne avant d’entamer une relation.
Avoir ainsi un minimum de temps afin de découvrir le niveau de cohérence de la personne. Ce soir, je comprends que sa “non pudeur du cœur” n’est peut-être pas mature, peut-être seulement signe d’insouciance.
Cependant, dès que je comprends ressentir cela, je lui dis.
«Maintenant c’est moi qui ai besoin d’être rassurée. Je crois que je crains que tu décides d’arrêter par peur». On s’accorde à dire qu’on est grand, intelligent et communicant.
Libre à nous d’essayer. Et d’adapter. On finit donc notre weekend.
Je rentre et cette “retenue tête froide” est venue s’ajouter à mon tableau de sentiments dans cette relation. C’est franchement pas plus mal, vu le départ sur les chapeaux de roue que c’était ! Il fallait tempérer un peu !
Peut-être que cette histoire ne sera qu’une allumette. Si c’est le cas c’est OK ! Je continuerai d’être allée à la rencontre de qui j’étais, de ce que je voulais, de ce que je pouvais.
Lundi passe. C’est cool entre nous. Mardi passe. C’est moi qui suis stressé ou bien c’est lui ? Je nous sens hermétiques…
Viens le soir, on s’appelle. Vaut mieux car je n’arrive plus à me connecter pour écrire notre vécu (et on retombe donc sur tout à l’heure, le moment où je voulais finir de raconter notre première fois)
Il me parle de nouveau de sa crainte de s’emprisonner dans une relation avec des règles et des contraintes : comment fait-il s’il a prévu de me voir et qu’une opportunité avec une fille se présente ? S’il annule avec moi pour la vivre, je vais souffrir !
Intéressante cette question ! Je la décortique avec lui :
Etiquette «couple» ou pas posée sur notre relation, il y a des façons de faire effectivement et un respect à avoir !
«Bien sûr que je vais avoir envie de te voir et que je vais préférer cela à une fille que je connais depuis une minute, mais une fois, deux fois, trois fois et je vais me sentir emprisonné.»
Peur d’anticipation encore. Peur de l’engagement et de la contrainte. Je connais.
Je lui explique que l’idée, s’il ne saisit pas cette opportunité immédiatement, est qu’il fasse en sorte de la vivre ensuite ! Ne pas s’enfermer dans le fait de devoir choisir quel loup il nourrit, affamant et enfermant l’autre.
Bien sûr que s’il ne nourrit plus que le blanc, il sera malheureux. Tout comme j’ai nourri mon noir trop longtemps et refusant ainsi au blanc le droit de vivre.
L’idée est de trouver un équilibre. Je ne sais pas si son loup noir me sera présenté un jour. Je ne sais pas si nos loups noirs vont se correspondre.
Nos blancs, eux, sont déjà sous le charme l’un de l’autre semble-t-il. Mais en attendant, il n’est pas question d’assoiffer ceux qui veulent boire.
A demi-mots, je comprends que son loup noir est tout de même loin d’être tendre…
Moi, je suis dans une période de ma vie où j’assume que ma princesse intérieure veut vivre une histoire. Je viens de comprendre que Salomé avait envie d’amour. !
Alors je lui dis «Notre relation va se terminer tu sais ? Comme toutes les autres. A nous de choisir ce qu’on met dedans d’ici là. Est-ce qu’on la termine maintenant parce qu’on a peur ? Parce que moi aussi j’ai envie de tout arrêter là, de ne plus écrire et de fuir.
Ou est-ce qu’on reste connectés à l’amour ? On sait les ingrédients qu’on a dans les mains pour tenter de faire quelque chose de bien. Ça peut durer une semaine, un mois, un an, peu importe, qu’est-ce qu’on met dedans ?»
On est apaisés, accordés.
Il me parle de tout ce qu’il aime tant chez moi, ahuri parce que ça le fait bander rien que de parler de mes qualités. C’est mignon ! On rit.
“Et là mon amour, je bande fort et mon loup noir arrive. Si j’ai envie d’appeler une copine et qu’elle vienne à la maison, je fais quoi ?»
Mon calme et ma sérénité m’épatent «Si tu en as envie chérie, tu le fais !»
J’ai plus de mal à l’idée qu’on veuille cesser notre histoire par peur, qu’à l’idée qu’il prenne du plaisir avec une autre.
Parce que, comme je le dis souvent pour la nourriture, les projets, les amis, les proches etc… On peut aimer plusieurs d’entre eux d’un amour différent qui n’enlève rien aux autres.
Quand je vais kiffer au cinéma avec Lydia, ça n’enlève rien au fait que j’aime faire un billard avec Chloé. C’est pareil !
Il m’a fait l’amour comme jamais… Une connexion énergétique dingue ! On a fait l’amour sans même être nus !
Ce soir, il a envie d’autres plaisirs. Des plaisirs qu’on ne partage pas pour l’instant et qu’on ne partagera peut-être jamais.
Ce soir, s’il a envie de démonter une fille très fort. Cette fille, ce ne sera pas moi. Ça aurait pu. Avant. Aujourd’hui j’ai d’autres envies.
C’est fou ce calme. Ça ne me pique pas trop…
Je voulais tester une relation ouverte réelle. Je ne sais pas s’il y arrivera, quand et si ça arrive par chez moi, mais il me dit “Tu fais ce que tu veux ma chérie, tant que je ne vois pas, je n’ai pas mal !”
Mouais… on se repenchera là-dessus en temps voulu…
Moi c’est drôle, une partie est même excitée à l’idée de savoir qu’il profite de son moment. Je crois que j’ai atteint l’apogée de la compersion ! J’ai même envie de refaire ce que j’ai fait avec Christophe et Sonia : j’ai envie qu’il me raconte son moment pendant qu’on fait l’amour !
Il me dit «Je comprends que ce qui t’importe c’est la vérité. Je peux te promettre d’être sincère, de partager et discuter de ce que je ressens et d’ouvrir mon cœur à 100 % comme je le fais jusqu’ici. Mais je ne peux pas te promettre que ça va durer 10 ans ou toute la vie. J’ai envie de continuer à me découvrir et si on peut le faire comme ça, je me sens prêt à tester une petite relation avec toi»
Je n’ai pas besoin de plus. Ces trois aspects sont pour moi les plus importants dans une relation : les gens ont tellement de mal à écouter, identifier ce qu’ils ressentent, il leur faut en plus réussir à le communiquer, le retranscrire et le mettre à table, tout en priant pour avoir choisi un partenaire capable de l’accueillir. !
Ces trois étapes pourtant simples sont les causes de bien des maux sous prétexte qu’elles ne sont pas réunies.
Il est 1h30, il m’a souhaité une bonne nuit. Je sais donc que son moment est fini. Ou pas.
Quoi qu’il en soit, je ne savais pas vraiment ce que ça me ferait en dehors de mes grandes théories mais ce soir, il en a « baisé une autre » et je suis ok.
Cette formulation est volontairement hard parce que c’est la nature de la relation qu’il a avec elle.
Ce dilemme qu’il a imaginé est très intéressant quand on sait que c’est exactement le contenu de mon rêve de cette nuit : je suis à Primark, je cherche à lui faire un cadeau. Je déambule et un garçon recule. Son sac à dos vient me heurter. On fait connaissance. On se balade, puis on arrive dans une pièce..
Il me prend dans les bras par derrière. Son énergie est telle, que j’ai une folle envie de l’embrasser. Envie à laquelle je cède avec passion.
On s’embrasse follement puis on se pose, on discute, on fait un date improvisé.
La journée s’allonge, nous voici marchant sur un ponton. J’ai prévu de passer la soirée avec lui.
Au bout du ponton, Enzo apparaît. Il me demande si je veux venir à la maison avec lui ce soir. Je me retrouve dans l’embarras : j’ai déjà prévu quelque chose avec ce garçon, mais j’aime beaucoup Enzo et je ne veux pas le faire souffrir.
Quoi choisir ? Comment faire ? Mon rêve s’arrête là.
Je me suis demandé tout à l’heure lorsque j’écris pour la suite avec Enzo, si je ne choisissais pas encore des modèles de relations ouvertes à accepter plutôt que de me heurter à la fin d’une relation. N’est-ce pas la peur de l’abandon qui me fait dire oui à tout ça ?
Je me pose cette question et les réponses me viennent nombreuses : notamment le fait que, si ce n’est pas ça, n’importe qui est amené à vivre ce genre de dilemme dans la vie.
On parle ici de remplir des besoins relationnels, charnels, physiques, sexuels mais c’est transposable à n’importe quel domaine.
Ces mécanismes d’ouverture d’esprit, de compersion, de bienveillance et ces facultés de communication, sont nécessaires à tous les niveaux !
Une autre réponse me vient : moi-même je n’ai pas envie de renoncer à une interaction, une situation ou une relation qui pourrait me faire vibrer en plus de celle que je vis.
On verra quand et si ça m’arrive, si je suis toujours en relation avec lui d’ici là et s’il le gérera à son tour. Mais il me semble qu’on entame quelque chose.
J’ai hâte de savoir comment il va. Hâte de savoir s’il n’a pas culpabilisé, s’il a pu vivre ce moment après le nôtre. J’espère que c’est le cas parce que moi, j’ai bien envie d’explorer la suite avec lui et ce serait dommage qu’il l’ait mal vécu.
