Jour 700

Jour 700

La semaine dernière, je faisais un coaching avec Frank sur ma relation à l’homme, comprenant que je ne m’attirait plus d’hommes qui me plaisaient physiquement, par peur d’être sous l’effet du cocktail chimique de l’amour et de ne plus être maître de moi, de mes limites et ainsi me retrouver dans du toxique. Après tout, pas plus tard qu’en octobre, je me suis de nouveau retrouvée dans une relation et une situation d’abus…

Je continue de le travailler en parlant avec Romane (le voyage tantrique m’a aidé et je vais mieux dans mon amour, mon estime, mon cœur.)

Ce soir, j’ai un date avec Enzo, un homme rencontré sur Wyylde. Je n’ai pas cherché activement un partenaire, j’étais connectée pour le boulot et il est venu me parler en contournant le filtre anti homme seul, ayant une fiche couple.

Dès la seconde où je l’ai vu en vrai, j’ai su que c’était bon, qu’il me plaisait ! Il est garé, fouille dans sa sacoche et relève la tête. Son attitude, sa posture, son regard, son sourire… c’est un oui immédiat !

Mon dieu ce que je le trouve beau ! On marche ensemble, direction le Mugs pour une pâtisserie et une boisson. Les mémos qu’il me faisait laissaient transparaître beaucoup de douceur. Effectivement, je sens son énergie posée. On discute de nos vies, de notre consommation du libertinage, de notre parcours, l’un en face de l’autre et je le dévore des yeux !

Je m’y plonge, je visite son âme pendant qu’il me parle. Est-ce que je lui plaît autant qu’il me plaît ? Ne serait-ce qu’un petit peu ? Aucune idée !

Mais bon sang, encore une fois : qu’est-ce qu’il est beau ! J’aime aussi sa façon de penser, sa vision relationnelle, les valeurs qu’il a l’air d’aborder. Bref, il me plaît ! Je me sens bien dans ce moment de vie ! J’aborde un sujet, il tend l’oreille, rapproche sa chaise, puis m’interrompt, gêné, secouant la tête pour me lancer dans son bel accent italien « Je suis désolé ! Tu es tellement belle ! Je te regarde, je vois tes yeux… » il ne finit pas sa phrase, comme perturbé. 

Ouf, il crève l’abcès : non seulement il m’annonce que je lui plais, mais surtout, j’en profite pour lui glisser que j’en pense autant que lui et que (ce serait bientôt sorti) je me retenais de lui dire la même chose ! Que je le regardais pareil depuis tout à l’heure !

On continue à rapprocher nos chaises, pour finir par changer de table, afin de profiter du canapé d’à côté. Je n’ai pas dans l’esprit qu’on finisse allongés ici, tenons-nous bien ! Mais je sens bien qu’on a envie d’être proche…. 

Je mets une distance physique au début, plaçant mon verre entre nous, telle une barrière et reculant légèrement. Il ne faudrait pas qu’il tente de m’embrasser dans 10 minutes non plus hein ! 

J’adore que ça passe d’abord par le cerveau, puis le cœur, pour finir par la culotte ensuite ! Mais il l’a compris, et le partage semble t’il, alors je me détends. Je me sens étonnamment bien près de lui, pas de peur, pas de résistance.

On parle, et vient un moment où il me parle de ma positivité (mon soleil intérieur se voit donc encore ?) en opposition à ces rencontres creuses, ou ces filles éteintes qu’il voit parfois et à qui il ne donne pas forcément suite…

Il me demande un câlin pour que je lui transmette de ces bonnes énergies et j’accepte volontiers : ça fait plusieurs minutes que j’ai envie de déposer un bisou sur sa joue. 

Je me retiens. Qu’est-ce que je suis devenu prude et fleurs bleues ! Ma parole ! Il y a bientôt 10 ans, voire même peut-être encore 4 ans de ça, je l’aurais attaqué direct ! 

Qu’est-ce que ça me plaît maintenant de prendre plus de temps, de faire monter mes envies en moi… 

Il a les mains chaudes, pleines d’énergie. Je les accueille volontiers sur mes cuisses. 

Encore une fois, je me sens bien ! 

On décide de changer d’endroit. 

On se balade et on se prend la main. 

C’est mignon, naturel et j’ai l’impression qu’on est des ados, des enfants, ça me plaît cette insouciance relationnelle. 

Il a envie de dire “chérie” : il le fait. Point. Ça me change aussi de toute cette froideur que je m’impose souvent dernièrement. On arrive au “Blabla”. On ne s’est pas encore assis, que ses bisous sur la joue dont il me picore depuis l’extérieur du restaurant, finissent par ouvrir la porte de notre premier baiser ! Ici, là, debout devant nos chaises, le restaurant vide autour de nous. 

Le temps se fige. La bienséance s’enfuit.

Mince, j’ai un moment de scission où mon côté contrôlant veut que ce soit autrement ! Notre premier baiser ? Pas le premier jour ! Pas au bout de trois heures ! Ou au moins à la fin. Pas en public, pas là ici, pas debout, pas comme ça !!

Je sens que je suis crispée.

Je me suis pourtant offerte à cette possibilité, je suis aussi allée vers lui, alors mince ! Tais-toi là ! Tu joues les prudes depuis deux ou trois ans mais tu as aussi le droit de te laisser aller un peu ! Tu es en train de passer à côté de votre premier baiser ! 

Arrête d’en faire un fantasme, vis-le ! Il est là ! Ouvre-toi !

Et soudain, les vannes cèdent.

Mon corps se détend, mes mains passent sur son corps, mon souffle s’invite, ma bouche s’ouvre enfin et je m’offre à notre moment. Le savourant pleinement. 

On s’assoit et il s’excuse presque d’être si tactile…

Non mais il est fou ?!  Tu ne sais pas chéri à quel point j’aime ça ! À quel point j’ai besoin de ça ! Regarde-moi, embrasse-moi, c’est tout ce qui me fait monter ! 

C’était bien mon grand drame, au retour d’Andreï et à la fin avec Isaac. Sans compter l’inexistence de cela presque avec Fabien. Je suis une folle de câlin, de bisous, de papouilles. Il me faut des tactiles et des visuels comme partenaires ! 

On regarde la carte et je me lève, me dirige vers lui pendant qu’il a la tête dans sa lecture, pour venir délicatement embrasser son cou, goûter sa peau, sentir son essence. Je suis accro à la douceur ! Il fond. Nous passons trois quarts d’heures à prendre un apéro en se dévorant, en commençant à découvrir nos interactions charnelles et à explorer les petits bouts de peau que nous avons à notre disposition. 

On paye et on sort. Une terrasse de glacier fermée sera notre prochaine aire de jeux. Quelques minutes l’un en face de l’autre et je me retrouve assise sur lui, dans ses bras. Nos baisers plus ou moins prudes ne le laissent pas indifférent. Cette connexion me laisse penser qu’on va bien s’amuser ensemble !

Il dévore mon cou et me regarde profondément. Ses mains se posent autour et je ne peux cacher mon regard de soumise insolente….

Je le défie des yeux pendant qu’il tourne ma tête avec douceur, ne me quittant pas du regard, cherchant à lire en moi. Je le regarde « comme un ange endiablé” dit-il. 

Il en perd la tête ! Il me dit à quel point j’ai tant de choses qui lui retournent le cerveau. 

Que c’est bon ! Je sens toute son énergie ardente sous moi !

Entre mes cuisses, sa chaleur monte en moi. Il m’embrasse.

Nos langues dansent, et je m’imagine contre son membre chaud, me frotter toute mouillée. Ses mains serrent ma gorge, je m’imagine m’empaler sur lui. Je gémis, j’ai tressaute, je fantasme. Son regard, lorsqu’il serre ma gorge, s’assombrit. Ça m’excite, et à la fois je suis prudente. Je ne sais pas quelle bête je peux réveiller. Je ne sais pas vraiment avec qui je joue. Ses sourcils se froncent, il change de visage. Plongeant dans mes yeux, je sens des milliers de questions tourner en lui. 

Le garçon bien doux et gentil est là, mais je lui demande à quel loup j’ai à faire maintenant !? Son loup noir ou son loup blanc ? J’ai déjà la réponse, mais je veux le laisser se dévoiler. Il monte en lui… il grogne de plaisir et de frustration. Je calme le jeu, nous fait redescendre en l’invitant à respirer. Mon visage contre le sien, j’entame un cycle de respiration et sent son alignement sur mes expires. Intéressant un garçon qui se plie à des exercices de respiration pour jouer de ses énergies !! Puis je caresse tout son visage avec le mien, nous frôlant mutuellement pendant que nos yeux sont fermés. Je nous imagine nus, en pleine pénétration, jouer à se calmer ainsi pour switcher du bestial au sensuel. Dieu que c’est bon ! 

Il me suit et il a l’air en pleine connexion. Ça promet ! On continue un peu ainsi, on fait quelques selfies, je filme nos baisers puis il est l’heure de rentrer. 

“Mon amour” a-t-il prononcé plusieurs fois…. Si ça c’est pas de la non pudeur du cœur ! 

A voir son degré de signification ! Il a l’air d’être complètement sous le charme ! Moi j’ai toujours l’impression que je ne prends la mesure qu’après ! A la voiture, je me rends compte un peu déjà… 

Il fait tomber ses clés : “mince, il se détache tout le temps celui-là !“ et là, une petite paire de cercle rouge en cuir git sur le sol.

“Et bien, j’ai cassé mon porte-clé hier, lui dis-je .Tu me donnes un des deux ?! »

Ce sont des menottes de doigts. Il y tient beaucoup. “Mais une d’elles tombe toujours, c’est l’univers qui a fait ça !” 

“Je la veux ! C’est trop mignon ce symbole !”

(Ne t’inquiète pas, s’il arrive quoi que ce soit, je te la rendrai !)

Et le voici parti. 

Je rentre dans ma voiture, j’ai un sourire béat. Ça faisait un an putain que je n’avais pas ressenti d’alchimie pour un homme ! Alors non, je ne suis pas cassée, ça fonctionne toujours, c’est encore possible ?!!! Je suis sur un nuage. Je rentre, mon téléphone plein de photos, ma tête pleine de beaux souvenirs. Mes sentiments sont étonnamment calmes, dans l’accueil et la confiance. Je me sens bien… et je le sens bien. On verra ça !

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