Jour 1346

Jour 1346

Mercredi soir, on n’a vécu une soirée qui m’a fait énormément de bien.
On s’est acheté plein de guirlandes l’autre jour, chacun pour chez soi. J’adore ça, les loupiotes !
En ce moment on se voit au moins deux fois par semaine. En général on regarde des films et on mange chez lui.
L’autre soir c’était chez moi.
Après manger on s’est installés sur le canapé, lui en fœtus et moi de même, la tête à ses fesses.
Je lui faisais des papouilles sur les jambes, puis je nous ai mis l’album pilgrimage en fond et au milieu des bougies et des loupiotes, sous toute cette douceur et cette quiétude, et on s’est endormi.
Un moment nous réveille, mais on replonge pendant qu’il m’a fait à son tour des gratte-gratte sur la tête.
C’était un instant magique. Toute cette douceur, cette sérénité. Je me rends compte à quel points des choses bougent en moi…
Je veux plus de cette énergie apaisée, elle me fait tant de bien !
On a fini par transpercer le sommeil pour revenir et aller se coucher chacun chez soi. Cette ambiance était fabuleuse.

Hier soir on s’est revu, on a mangé puis, on s’est recalé sur le canapé et il m’a fait des papouilles sur les jambes.
Ensuite ce fut mon tour de parcourir son dos longuement. Ses bras, ses épaules, sa nuque, son cou, son crâne, son front…
J’adore ses contacts.
On a fini par ouvrir le canapé et continuer à se papouiller mutuellement.
Puis on s’est enlacés et les papouilles sont devenus des caresses.
Ses mains parcouraient et mon dos, descendaient le long de mes fesses pour s’arrêter à la moitié de mes cuisses.
Puis il partait de ma cuisse gauche, remontait tout son long, traversait mes fesses pour finir par redescendre vers mon autre cuisse.
Il a fait sa longuement, comme s’il créait un pont entre mes jambes.
J’avais de léger questionnement qui me traversait sur ce qui était en train de se produire ou non.
Quelques pointes d’excitation montaient puis repartaient.
Je me suis dit que je pourrais bien goûter cette énergie toute la nuit sans forcément y donner suite.
Ses mains allaient et venaient et je me suis mise à ressentir mes jambes, comme s’il me faisait un soin.
À l’arrêt, pendant quelques instants, je sentais une fraîcheur traverser mes jambes jusqu’aux mi mollets environ.
Un bonheur d’avoir des sensations dans les jambes, moi qui exprimait ce week-end, ne sentir mon corps bien souvent qu’au travers de la douleur.
(Oui, parce que Océane nous a invité à sentir nos organes, mais aussi à écouter la musique avec notre peau… C’est normalement avec les drogues qu’on arrive à ça…)

Un moment, j’ai eu les larmes aux yeux de gratitude, de me dire à quel point c’est bon de pouvoir s’offrir ces touchers entre nous. Sans ambiguïté.
Jusqu’à ce que l’ambiguïté n’ai effectivement pas lieu d’être, car nos prochaines caresses deviennent progressivement équivoques…
Ses doigts courent de plus en plus proche de l’intérieur de mes cuisses et remontent entre mes jambes.
Ils valsent contre mon legging, et mon entrejambe vient par de très légers mouvement à la rencontre de sa main qui danse contre moi.
Sa respiration et la mienne se répondent et deviennent-elles aussi équivoques…
Mais encore une fois, je pourrais rester ainsi.
Je crois que j’aimerais même cela. D’attendre que tout ça monte en moi, peut-être au point de ne plus pouvoir tenir, assumer, finir par le supplier…
Qu’est-ce que je rêve de ça !
Être submergée de sensations et de plaisir.

Je calme le jeu (pour ce qu’il y a à calmer, parce que c’est en réalité dans une telle lenteur, une telle douceur qu’il n’y a pas de feu à éteindre ou de fougue à contrôler)
Mais je décide de cesser de frôler délicatement son excitation, et de remonter plus haut.
Son corps se tend sous mes caresses.
Nous avons tour à tour des spasmes ou des contractions.
Je lui dis «  Si c’est trop, j’arrête ! »
Il expire pour se relâcher.
Je lui demande où il voudrait que je le touche, alors il prend ma main et la glisse en bas.
Je comprends que les dés sont lancés.
J’adore caresser par-dessus son caleçon sont membres dressé.
Mélanger les effleurements et les pressions. Jouer avec son énergie.
Je ne sais pas comment, mais vient ensuite le moment où nous sommes nus.
Je suis posée sur lui et son sexe embrasse légèrement le mien. Ils se rencontrent, s’effleurent, s’apprivoisent.
Il fait bouger son sexe à mon entrée.
Je suis humide et il joue avec ce contact glissant. J’adore sentir sa main, donner tout ce mouvement à son sexe, pressé contre le mien.
Mais l’air faisant son effet, l’humide disparaît.
« Ne bouge pas, j’ai une idée ! »

À cet instant, on le sait, tout peut mourir. Tout peut s’arrêter maintenant. On est peut-être allé trop loin.

Je nous sers deux verres d’eau et je fonce chercher mon huile lubrifiante. Elle a un pouvoir magique dès qu’elle touche les chaires, en plus d’avoir un parfum enivrant.
J’en verse sur mes mains et je les déposes sur lui.
L’effet est immédiat !
Il remonte du peu qu’il est redescendu. La partie continue….

J’avais oublié ses formes.
J’avais oublié son gabarit.
Je le caresse et le pétri.
Ses expirations en disent long.
Visiblement, je suis encouragé à continuer.
J’embrasse la naissance de son aine, de son pubis.
Je rapproche mon visage de son pénis.
Nous vivons tout les yeux fermés.
Je le sens onduler sous la pression de mes doigts..
Je tiens son âme dans ma main, et j’ai très envie de l’embrasser. Mais j’adore faire durer !
Mes mains glissent malicieusement, et mon souffle est le seul encore autorisé à se déposer sur lui.
Puis, mes lèvres le frôle.
Un baiser est posé, et ma bouche entrouverte accueille sa chair pour un court instant.
Juste le temps de le plonger dans la chaleur.
Et je me retire ensuite pour ne garder que ma poignée enjouée
Je reviens le gâter en passant ma langue furtivement.
Je respire profondément et lui aussi.
Les yeux toujours fermés, son énergie centrée au cœur de ma paume, j’ai l’impression d’entamer avec subtilité ce que j’appelle aujourd’hui en rigolant une « pipe tantrique ».

Je me demande si ce ne fut pas mon moment préféré :
Atténuer les rythmes et les effets; effleurer les côtés, titiller le bout ou le gober tout entier..
La seule chose qui arrête ma créativité, c’est lui lorsqu’il me fait remonter.

Je me pose au-dessus de lui, je viens à sa rencontre et il en faut peu pour l’entendre pousser son premier râle en s’enfonçant en moi.
Mon bassin bouge contre le sien.
Je me redresse, il prends mon sein dans une main et agrippe ma fesse dans une autre.
Il me tient de part en part pendant que je danse sur lui.

Nous allons à la rencontre de nos sensations, nous découvrons comme nos corps répondent à l’autre et après quelques minutes, lui et moi sentons qu’il est temps d’aller chercher plus.
« Tu sais comment ça va finir !? » ai-je envie de lui dire.
Mais c’est lui qui nous invite à nous retourner.
Je lui fais dos, je le sens contre moi.
Je m’incline, offerte à le recevoir et le sentir profondément en moi. On y est…

Ce moment qui nous réussissait tant quand on s’aimait encore, est de nouveau présent.
Alors même qu’on ne s’est pas embrassés…

D’un côté je ressens l’énergie de profiter et d’accueillir ce moment adoré, et de l’autre des pensées me disent de prendre garde.
Ces mêmes pensées qu’y répondent toujours « non » quand on me demande s’il va se repasser quelque chose entre nous.
« Non » car je ne voudrais jamais revivre ce qu’il s’est passé le matin de notre rupture.

Alors qu’il était le premier avec qui j’arrivais à jouir en simultané. Alors que j’apprenais à m’ouvrir et me laisser aller à me toucher…
Alors qu’il était le premier avec qui j’expérimentais cette montée énergétique,
avec qui je sentais la tornade de nos plaisirs, tourner autour de nous et nous emporter…
Alors déjà, que je le voyais chaque jour, m’aimer un peu moins…

Ce matin là, je sentais que nous ne montions pas comme avant.
Je n’ai pas voulu me bloquer et m’empêcher de vivre le moment.
Après tout, c’est une question de partage : si j’y vais, peut être que je vais l’embarquer…

Mais alors j’ai décollé, et lui est resté sur le quai…
Il n’a jamais pris la mer et le fait de ne pas avoir senti l’envie d’aller au bout de ce voyage avec moi, le fait de s’être senti vide, lui a indiqué que notre histoire était terminé.

Ce matin là, j’ai joui sans lui.
Et alors que je l’aimais encore, et que je le voyais me désaimer un peu plus chaque jour, j’ai décidé en accord avec lui, de stopper cette déchéance en actant notre séparation.
S’en sont suivi de longues semaines pendant lesquelles il avait même du mal à me regarder dans les yeux, pendant lesquelles je sentais son rejet, et peut-être même du dégoût.

Alors hier, quand il m’a invité à me toucher, j’étais en réalité pétrifié à l’idée de jouir, seule qui plus est, et qu’une fois fini, il exprime ne pas vouloir donner suite.
Pire, qu’il regrette, se sente mal, se sente sale.
Et aujourd’hui, malgré ce merveilleux moment, malgré cette douceur, cette lenteur, cette connexion, ce qui m’a empêché de voyager et de le rejoindre en mer, encore, et toujours, une seule coupable : ma peur.

C’est la même qui m’a empêché d’être dans la gratitude aujourd’hui et de saluer cette instant. Celle qui m’est mon stylo en mouvement.

Dans mon histoire, il a cessé de m’aimer parce que j’étais trop sexualisée pour ses valeurs.
Aujourd’hui, il a incarne ces hommes que j’ai longtemps aimé et qui pouvaient s’amuser avec moi mais pas plus.
Son désamour, sous prétexte de sa morale, me renvoyait tellement de jugement…
Je ne suis pas assez bien, pas assez propre, pour être aimée.
On me tourne le dos si je suis trop libérée.
ça c’est mon histoire.

C’est le bûcher moderne.
Quand à l’époque les hommes brulaient les femmes libres, sauvages, sensuelles, aujourd’hui il les privent d’amour, de considération et de respect.
Aujourd’hui c’est fort c’est intense et c’est douloureux.
Une blessure mal soignée réactivée.
Je pourrais bien lorgner sur des hommes bien, je ne serai jamais ainsi à leurs yeux.
Ça me renverra toujours un manque d’amour. De moi.

Je mérite mieux maintenant que le schéma que je me suis toujours offert, toute ma vie.
Celui de mon super ami, avec qui j’ai une relation profonde, avec de la complicité, et avec qui parfois, selon certaines soirées, on peut finir par fusionner.

Mais ces hommes en aiment toujours une autre. En tout cas, jamais moi.
Pour ces hommes-là., je ne suis jamais perçue comme celle qui est aimable et qu’on veut caser.
Alors mieux m’aimer, c’est cesser de me donner à eux. Je mérite mieux.

J’en suis encore à me dire que j’aurais peut-être dû attendre d’être plus prête à vivre ça.
Je n’en suis pas encore à me lâcher la grappe et me dire juste « c’était cool. Profite et basta. »
Non, une grande part de moi se sent en danger.
Danger d’être rejetée, de subir le regret et la culpabilité de l’autre.
Je pourrais voir tout l’amour qu’on a partagé, mais je vois les endroits où je manque d’amour de moi.
Je ne sais pas si ça va infuser. Mais j’adore ces moments, ces ambiances, et notre relation.
Tout ça me fait du bien, mais mal aussi.
J’espère m’apaiser.

Jour 1347

C’est intéressant que cette expérience m’ait fait connecté aux désamour de moi.
Que ça puisse prendre le pas sur le fait de la vivre et de connecter à la beauté, à la qualité. Ça en dit long sur moi.
C’est donc peut-être un mensonge quand je me dis que si j’avais d’abord eu plusieurs soirées ainsi, avant qu’on finisse par faire l’amour, cela aurait pris le temps de me rassurer.
De m’assurer qu’il ne parte pas, qu’il ne fuit pas sans pouvoir de nouveau me regarder.

C’est fou que je craigne et appréhende de dégoûter l’homme après m’être offerte.
Que je crois que plus de progressivité m’aurait assuré de ne pas le vivre.


Mais c’est faux, je crois que ça n’aurait fait que prolonger la crainte qui se serait étalée sur chaque étape, chaque moment.
J’en ai marre là de penser à ça, d’écrire ça, de me connecter à ça.
Il y a d’un côté ce monde de crainte, de peur et de rumination.
Et il y a de l’autre, ce monde où, depuis ce week-end, je sens mieux mon corps.


Depuis hier, je bouge mon bassin et écoute les sensations.
Il y a ce monde où tous ces gestes m’ont soignée, où ces caresses m’ont réveillée.
Il y a ce monde où mon corps est une fleur qui s’ouvre, et qui veut goûter le soleil, la chaleur et sentir la présence la butiner.
Sentir le picotements du contact qui la parcours.


Il y a ce monde auquel je veux m’ouvrir, et qui salue de vivre enfin ce que je souhaitais : de longues heures de connexion, de liens au corps, de jeux, d’énergie, d’exploration, avec un partenaire de confiance, sensitif, sensible et profond. Dans la magie du moment et de la vie.

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