Jour 704
Je suis fatiguée de ces problèmes de ventre. Ça fait plus d’un an que j’ai un transit complètement déglingué. Des crampes intestinales, des diarrhées, des douleurs pendant des heures qui me font croire que je vais me faire dessus alors que rien ne vient.
De l’acide qui coule dans mes tuyaux…Ce soir, j’ai l’impression qu’il y a un liquide qui se presse dans mes intestins. En fait, ce n’est pas qu’une impression puisque je l’entends circuler.
Je ne sais pas ce que mon ventre me prépare. Je tiens un journal comme me l’a demandé le médecin et là je suspecte la tomate. Six repas avec de la sauce tomate cette semaine, c’est pas top j’en conviens !
Paraît que l’on n’a pas vraiment d’intolérance, qu’il faudrait juste restaurer le microbiote. Mais bon sang, j’ai comme l’impression que, comme pour ma maladie de Lyme, je suis dans une sacrée errance médicale…
J’étais sortie de tout ça, sortie de la condition de malade. Ce n’était plus mon identité, je n’avais plus de handicap invisible. J’étais redevenue « normale ». Et là ce soir, je suis fatiguée ! Ce soir, pour une fois depuis que c’est là, je n’ai plus trop d’espoir que ce ne soit qu’une passade… Je commence à me dire que c’est réel, que c’est là.
Je commence à en avoir marre de devoir prévoir mes sorties, mes shootings, mes séjours… me préparer des jours avant en mangeant du riz blanc et en priant pour ne pas avoir de crise à l’extérieur…
Je vais chez Enzo samedi et dimanche. Je sens mon ventre qui prépare une dinguerie. Il ne me reste que deux jours pour que la crise arrive. Je vivrai très mal d’en avoir une chez lui.
Nombre de fois où les douleurs m’ont gênée dans mon intimité, à ne plus pouvoir profiter de certains plaisirs, dans certaines zones… A avoir besoin de serrer les fesses, d’avoir à gérer des douleurs en plein rapport.. J’entame une nouvelle relation, j’aimerais être libre putain !
Ce soir je pleure, ce soir j’en ai marre !
Lyme à la limite, au bout de 5 ans, j’ai réussi à savoir ce que ça voulait me signaler. J’ai réussi à le prendre en baromètre et à changer les choses qu’il fallait. Si je n’arrivais plus à marcher, c’est que je refoulais de la colère et que je devais changer des paramètres dans ma vie. C’était devenu clair.
Là je ne sais pas ce que ça veut ! Je ne sais pas c’est quoi son problème ! Je pense que c’est un rapport avec l’insécurité mais putain je vais développer une maladie chronique à chaque grande émotion et épreuve ?!
Je sais tout ce qu’il y a à changer pour me libérer de la colère. Un peu moins pour les insécurités. Puis qui m’assure que c’est cela en plus ? La réponse qui me vient c’est : trouver la sérénité, la sagesse, mieux prendre soin de moi. Putain…. toutes les maladies sur mon chemin vont finir par faire de moi un bouddha ! M’obligeant à adopter un mode de vie et un état d’esprit calme et sain si je veux survivre et vivre confortablement….
