Jour 702 :
Jour 696, Romane et moi sortons manger un bout. Il est 19h, nous sommes au “Muchacho”. On papote, on rit. Une quesadilla et deux tacos plus tard, on rentre à la maison.
On a la musique à fond dans la voiture. On dirait deux filles qui s’enjaillent pour aller en boîte, alors qu’en réalité on est dans cette fougue juste à l’idée de rentrer se mettre en pyjama ! On prend un fou rire parce qu’il est tout juste 21h30…
Son séjour à la maison m’a provoqué beaucoup de sensations proches de celles que j’ai pu vivre aux côtés de ma maman lorsque l’on vivait ensemble et c’est très bon ! On rentre mais la musique est encore en nous alors on décide de l’allumer sur l’ordi. « Tunnel » de Polo & Pan et ma playlist éponyme nous accompagnent, alors que nous dansons seules, dans mon salon et dans le noir.
J’ai chaud, je me défoule, je libère toutes mes tensions, mon énergie. Je me libère de mes vêtements aussi et je ris comme une enfant ! Bérénice* et Salomé* sont de la partie ! (*Bérénice : mon enfant intérieur. Salomé : ma femme spirit)
Romane fait de même et nous sommes comme deux femmes, deux sœurs, nues, dans la joie. On lâche tout, on saute, on danse, on rit, on claque des mains, on souffle, on crie !
4 ou 5 chansons plus tard, Romane s’étend sur le canapé et me dit « Allonge-toi ! Allonge-toi ! C’est le meilleur moment du Skydancing !»
Je me mets à ses côtés et je prends le temps de sentir mon corps, mon relâchement. On souffle, on se détend et des larmes montent en moi : j’ai beaucoup pensé à Isaac.
Je me voyais lui raconter, je me voyais le vivre avec lui. Je me rends compte que toutes mes expériences spirituelles et énergétiques fortes, j’ai envie de l’y inviter. J’ai vécu la même chose pour le bain sonore : je pensais à quel point il adorerait cela. Ce skydancing me fait beaucoup penser à la soirée où on a dansé ensemble des heures en boîte le soir où James est venu me réveiller. Pourquoi ? Pourquoi je pense à lui ainsi ?
Je comprends à quel point Salomé veut juste partager, vivre, expérimenter. Janysse* a été nourrie pendant des années et en fait ce soir j’ai comme une prise de conscience : c’est Salomé qui veut aimer maintenant ! (*Janysse : ma libertine épicurienne)
C’est pour ça que le cul pour le cul ne m’intéresse plus depuis tant de temps !
Que tous les scénarios à la Dorcel que je peux vivre ne me font plus vibrer.
Que tout ce dont je rêve, c’est de lien profond, de connexion, d’échange, de vibration.
Et ma souffrance vient du fait que je n’étais pas en face de partenaires ou de possibilités qui m’offraient ça. Et je pleure. Je pleure fort parce que je me rends compte que Salomé, elle veut juste aimer, et que si Salomé veut faire découvrir toutes ces expérimentations à Isaac, c’est pour être en partage avec ses parts de lui que sont Marley, James, Jérémy et… Stéphane peut-être ?
Salomé est amoureuse d’eux je crois. Enfin, en tout cas, Salomé sait qu’elle les aime.
Elle aime être avec eux et elle sait qu’ils sont ce qu’elle a de plus proche correspondant à ce qu’elle désire trouver chez un partenaire. Alors elle pense à eux.
Je pleure, je dis à Romane « mais c’est pas viable ! Comment une partie de moi peut aimer une partie d’un autre ?”. On ne peut pas aimer que des bouts. Ça ne colle pas!
Isaac, c’est aussi d’autres personnes (Tony et Xavier) et eux, en amour, ce ne sont pas les copains de Salomé ! Enfin, surtout Xavier … Parce que Tony il peut être excitant pour Janysse au lit !
Ok, je comprends. Les réponses me paraissent limpides et lucides, comme après une prise de drogue. Une prise de conscience sous cocktail chimique (ce qui est le cas finalement avec cet état modifié induit par le skydancing).
C’est clair comme de l’eau de roche : Salomé est sur le devant de la scène. Salomé me manque. Salomé veut vivre une histoire d’amour ! Et moi, je veux être aimée pour toutes les facettes que j’ai. Salomé a touché du doigt la sexualité sacrée et le fait d’être aimée dans son entièreté par Christophe. Merci la vie, merci l’univers ! Je comprends et donc je sais que ça se débloque. Par contre, vraiment, j’ai toujours au fond de moi la sensation que nous allons vivre nos vies chacun de notre côté Isaac et moi et se retrouver.
Mais rien n’assure cela. Il peut prendre tant de chemins différents et moi aussi.
Ce n’est qu’une réalité alternative. Une possibilité parmi tant d’autres.
Mélina, son ex, m’a dit la même chose !
Qu’ils allaient se retrouver et qu’elle ne nous voyait bien vivre tous les trois !
(Bon, après l’expérience de trio avec Christophe et Sonia de cet été, on va se calmer !)
Ça me confirme ce que je sentais vis à vis de ses sentiments.
Ça met aussi des pièces dans la tirelire de mon amie « l’amitié homme-femme n’existe pas », mais ce n’est pas aussi binaire pour moi !
Tout est une forme d’amour : l’amitié est une nuance d’amour et je comprends que des parties de moi aiment des parties d’autres personnes à différents degrés.
Je suis toujours allongée près de Romane. Les chansons de Pilgrimage passent (l’album de mon enfance) et comme une caresse consolante, récompensée de cette prise de conscience, je sens maman passer près de moi. C’est furtif, léger et je n’arrive pas à l’attraper. Je n’arrive pas à le vivre à fond comme les dernières fois quand je vivais en forêt… Les larmes me montent de nouveau et coulent encore plus fort.
Putain ! Tu m’étonnes que je souffre de ne plus sentir maman, de ne plus l’avoir auprès de moi (c’est faux !), qu’elle me manque tant ! Je ne peux pas la sentir quand j’enferme autant Salomé ! Je ne peux pas vivre à fond mes ressentis quand je suis autant Isabelle (Ma working girl) et Marie Berthe (ma gardienne analytique et frigide!)
Je prends une deuxième couche de prise de conscience, une deuxième claque : ça fait 2 ans que je souffre de cela, que c’est un sujet et que je continue pourtant d’enfermer Salomé et de me surmener ! Romane, sa présence, son séjour, son objectivité sur mon quotidien m’ont offert un important déclic là…
Je pleure et je n’ai qu’une phrase en tête qui tourne en boucle : “je te jure qu’est-ce qu’elle me manque ! Qu’est-ce que c’est dur !”
J’ouvre les vannes et je lâche tout.
Des sanglots remontent des tréfonds de mon être.
Romane m’enlace, nous sommes nues mais ce n’est que nature et à ce moment-là, je me sens soeur avec elle !
Profondément, mon cœur, mon âme, m’envoient le mot « sœur » .
Je comprends pourquoi, dès la première rencontre, j’ai eu un tel feeling pour elle !
Elle fait partie de ma famille d’âme si ça existe !
J’ai tellement de chance d’avoir toutes ces relations humaines profondes et intenses !
Je sais, je sens qu’ils sont des bouts de ma famille, des bouts de moi. Ils font partie de mon tout. De mon moi.
Je connais la puissance d’une émotion induite par des pensées et celles que j’ai ce soir, je les refoule souvent lorsque je suis seule, mais là, elles tournent, en boucle.
«Qu’est-ce qu’elle me manque ! »
Je continue de pleurer à chaudes larmes et je m’autorise à accueillir cet état, accompagnée de Romane. Je sens que c’est la première fois depuis l’annonce de son décès, que je pleure vraiment ma maman. Ça fait un an et il est temps que ça sorte !
Romane est contre moi, elle m’enlace, m’enserre et prend de longues inspirations. J’expire profondément avec elle, tentant de calmer mes pleurs d’enfant. Ceux là même qui rapprochent les gosses de la suffocation, tant l’angoisse les tenaille ! Je suis grande maintenant, ma maman est encore là, quelque part et elle œuvre autrement. Je le sais, je lui ai même demandé. Je l’y ai même invité !
Son énergie maternelle et rassurante passe par Romane. Avec Lydia je ressens aussi cela. Mes copines qui sont mamans ont cette énergie maternelle, c’est ainsi. Et là, ce soir, c’est tellement bon !
Sans rien dire, nous calons nos respirations ensemble. Nos énergies s’accordent et je ne sais pas si c’est cela, mais j’ai l’impression qu’on fait du tantra blanc !
J’ai tout lâché, en sécurité, en confiance, accompagnée et dans l’amour.
Merci ! Que ce moment est fort et doux à la fois !
Une expérience intérieure, une prise de conscience, une expérience spirituelle, émotionnelle, partagée. C’est ça la vie pour moi !
On en vient à rire, comme deux personnes peuvent traverser ces stades après le sexe : se défouler, s’amuser, se détendre, pleurer, se soulager, rire et se relever. En fait, ce n’est pas spécifique au sexe je crois. C’est spécifique aux mouvements énergétiques. À la libération d’énergie. Et c’est ça que je veux vivre avec un homme ! Ça tombe bien, il me semblerait que je l’ai rencontré !
Samedi matin, je disais à Chloé que je souhaite partager « les carnets intimes », des écrits retraçant mon intimité, mes expériences, mes questionnements, mes prises de conscience etc.. que je pourrais même les enregistrer, pour les proposer en audio et en parler potentiellement dans mon podcast ! Puis le soir, j’accroche avec Enzo, que ça excite fortement de savoir que j’écris nos interactions. Aujourd’hui, lundi nous avions la rencontre entrepreneur et nous avons eu beaucoup d’annulation. Il nous restait Karl, Chloé et moi puis Michel, amené par Chloé. J’ai dit à Chloé que nous préférions reporter alors elle a vu Michel en tête-à-tête. Elle m’a rappelé après leur rencontre et m’a demandé si j’étais assise.
Elle m’annonce que Michel connaît Idriss Aberkane, qu’il est l’un des cent auteurs français à vivre de ses droits d’auteur, que rien que cette année il a publié quatre ouvrages mais surtout, qu’il accompagne, par sessions, de nouveaux auteurs et que mon projet lui parle !
Il est, en plus, spécialisé non pas dans les fictions, mais dans les écrits et retours d’expérience qui relatent la vie de leurs auteurs. Il a accompagné une autrice sur un ouvrage érotique alors il connaît un peu le domaine !
C’est juste incroyable ce que la vie m’envoie ! J’ai hâte de le rencontrer et de voir ce qu’on pourrait faire.
